Pompe à chaleur

Air-eau ou sonde géothermique ? La comparaison honnête

Les deux systèmes chauffent de manière fiable et sans énergie fossile. La sonde géothermique est plus efficace, la PAC air-eau moins chère et possible presque partout. Le terrain, le budget et l’horizon de planification font la différence.

Par Andreas Meyer, CTO, BSc en technique énergétique et environnementale · 6 min de lecture
Image d’illustration : pompe à chaleur air-eau sur un socle à côté d’une maison individuelle à volets, collines vertes en arrière-plan

Deux sources, un même principe

Toute pompe à chaleur puise de l’énergie dans l’environnement et l’élève, à l’aide d’électricité, à une température suffisante pour le chauffage et l’eau chaude. La différence tient à la source :

  • Air-eau : une unité extérieure extrait la chaleur de l’air. Pas de forage, pose rapide, investissement plus bas. En contrepartie, l’efficacité baisse par grand froid – justement quand on a le plus besoin de chaleur.
  • Sol-eau avec sonde géothermique : une ou plusieurs sondes descendent verticalement dans le sous-sol, où la température reste assez constante toute l’année. Le coefficient de performance annuel est plus élevé, mais l’investissement aussi, et une autorisation cantonale est nécessaire.
  • Eau-eau (nappe phréatique) : très efficace, mais possible uniquement là où une nappe exploitable existe et où le canton autorise son utilisation. Plutôt l’exception pour une villa.

La comparaison en un coup d’œil

Air-eau ou sonde géothermique pour une maison individuelle (valeurs indicatives)
CritèreAir-eauSonde géothermique (sol-eau)
Investissement pose compriseCHF 27 500 – CHF 50 000CHF 47 500 – CHF 80 000
Coefficient de performance annuel (COPA)env. 3–4env. 4–5
Place nécessaireUnité extérieure au jardin ou en façade, distance aux voisins à respecterAccès pour la foreuse, puis pratiquement invisible
BruitVentilateur audible, attestation de bruit nécessairePas d’unité extérieure, très silencieux
AutorisationSelon le canton, permis de construire ou annonce, avec attestation de bruitAutorisation cantonale (protection des eaux), pas admise partout
Rafraîchir en étéPossible en mode actif, consomme de l’électricité« Free cooling » via la sonde avec très peu d’électricité
Durée des travauxQuelques joursForage en plus, quelques jours selon le sous-sol

Pour une maison individuelle, la profondeur de forage se situe souvent entre 100 et 250 mètres environ, selon le besoin de chaleur, la géologie et le nombre de sondes. Le dimensionnement exact est réalisé par une entreprise de forage spécialisée avec le planificateur chauffage.

Coûts d’exploitation : exemple chiffré

Pour la même maison – 180 m², construite entre 1980 et 2000, quatre personnes, chauffage au mazout – nous avons calculé les deux variantes avec les hypothèses de notre calculateur (électricité 27 ct./kWh, sans installation solaire) :

Même maison, deux sources de chaleur (valeurs indicatives par an)
IndicateurAir-eauSonde géothermique
Besoin de chaleur23 000 kWh23 000 kWh
COPA retenu3,34,3
Consommation électrique7 000 kWh5 300 kWh
Coût de l’électricitéCHF 1 900CHF 1 450
Économie par rapport au mazoutCHF 1 220CHF 1 660

Dans cet exemple, la sonde géothermique économise environ CHF 440 par an d’électricité par rapport à la PAC air-eau. Le surcoût d’investissement – au milieu des fourchettes indicatives – est d’environ CHF 25 000, moins d’éventuelles subventions plus élevées que certains cantons versent pour la géothermie. Mathématiquement, il faut donc de nombreuses années pour compenser la sonde par les seuls coûts d’électricité. Ses atouts sont aussi sa longévité, son silence et la possibilité de rafraîchir à moindre coût en été.

Calculer les deux variantes pour votre maison

Durée de vie et régénération

La pompe à chaleur elle-même dure en général 15 à 20 ans, quel que soit le système. La sonde géothermique, en revanche, est un investissement pour plusieurs générations : elle est dimensionnée pour plusieurs décennies et peut être réutilisée lors du remplacement de l’appareil. Au prochain renouvellement, seul l’appareil est à changer.

Un dimensionnement correct est essentiel. Si l’on prélève pendant des années plus de chaleur que le sol n’en reçoit, le terrain se refroidit et l’efficacité diminue. Dans les quartiers denses comptant de nombreuses sondes, une régénération peut donc être judicieuse – par exemple en réinjectant en été la chaleur du bâtiment dans le sol via le free cooling.

Plus important que la source : le bâtiment et la température de départ

On surestime souvent le choix de la source. Pour l’efficacité, la température de départ nécessaire pour chauffer la maison compte au moins autant. Chaque degré en moins améliore nettement le COPA – en air-eau comme en géothermie. Trois points méritent donc votre attention avant de décider :

  1. Déterminer la charge thermique de manière réaliste. Une PAC trop grande enchaîne les cycles courts et perd en efficacité ; trop petite, elle recourt à la résistance électrique par grand froid. Base : les consommations des dernières années et un calcul de charge thermique dans les règles.
  2. Intégrer les rénovations prévues. De nouvelles fenêtres ou une isolation de toiture dans les prochaines années réduisent le besoin de chaleur – et donc la taille de la PAC et, pour la sonde, les mètres de forage.
  3. Vérifier la distribution de chaleur. Le chauffage au sol est idéal. Avec des radiateurs, un essai en hiver avec une température de départ abaissée montre si les pièces restent assez chaudes.

Autorisation : ce qu’il faut vérifier à l’avance

  • Sonde géothermique : consultez la carte cantonale d’utilisation de la géothermie (géoportail de votre canton) pour savoir si un forage est admis à votre adresse. Dans les zones de protection des eaux souterraines et certains secteurs, les forages sont limités ou interdits. L’autorisation est délivrée par le service cantonal de protection des eaux.
  • Air-eau : l’unité extérieure doit respecter les prescriptions sur le bruit, ce qui passe en général par une attestation de protection contre le bruit. Qu’il faille en plus un permis de construire ou une simple annonce dépend du canton et de la commune.
  • Subventions : les demandes doivent généralement être déposées avant le début des travaux. Le module système pompe à chaleur est souvent exigé.

Check-list pour décider

La sonde géothermique est le meilleur choix si …

  • les forages sont admis et accessibles sur votre terrain,
  • vous comptez rester longtemps et misez sur des coûts d’exploitation bas pendant des décennies,
  • une unité extérieure poserait problème (bruit, place, esthétique),
  • vous souhaitez rafraîchir en douceur en été.

La PAC air-eau est le meilleur choix si …

  • un forage n’est pas autorisé ou serait disproportionnellement cher,
  • le budget est limité ou le remplacement doit se faire rapidement,
  • le bâtiment est bien isolé et permet des températures de départ basses,
  • un emplacement adapté, suffisamment éloigné des voisins, est disponible.

Combiner avec le photovoltaïque

Quelle que soit la source, une installation solaire augmente l’intérêt de la PAC : l’eau chaude et une partie du chauffage à la mi-saison fonctionnent avec votre propre électricité, qui, injectée, n’est en principe reprise qu’au prix du marché depuis 2026. Avec une interface SG-Ready ou une gestion de l’énergie, la PAC démarre de préférence lors des surplus solaires. Plus d’informations sur notre page Photovoltaïque et dans l’article Pompe à chaleur : prix et remplacement du mazout.

Pour en savoir plus, consultez notre page Pompes à chaleur.

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FAQ

Questions fréquentes

Une sonde géothermique est-elle toujours plus efficace qu’une PAC air-eau ?

En moyenne annuelle, oui : les valeurs indicatives du COPA sont d’environ 4–5 pour la géothermie et 3–4 pour l’air-eau. Un dimensionnement correct et des températures de départ basses restent déterminants.

À quelle profondeur fore-t-on une sonde géothermique ?

Pour une maison individuelle, souvent entre 100 et 250 mètres environ, selon le besoin de chaleur, la géologie et le nombre de sondes. Le dimensionnement est fait par l’entreprise de forage.

Où ne peut-on pas forer ?

Dans les zones de protection des eaux souterraines et certains autres secteurs, les sondes sont limitées ou interdites. La carte cantonale de la géothermie indique ce qui s’applique à votre adresse ; l’autorisation relève du canton.

Une PAC air-eau est-elle bruyante ?

Les appareils modernes sont discrets, mais l’unité extérieure s’entend. D’où l’attestation de protection contre le bruit et le choix soigné de l’emplacement, à distance des chambres et des voisins.

Peut-on rafraîchir avec une pompe à chaleur ?

Oui. Avec une sonde, un rafraîchissement doux (« free cooling ») est possible avec très peu d’électricité ; avec une PAC air-eau, en mode actif. Le système de distribution de chaleur doit s’y prêter.

Auteur

Andreas Meyer · CTO, BSc en technique énergétique et environnementale

Dirige la planification et l’ingénierie chez Dimension Solaire. Auparavant cinq ans dans la vente technique chez un grossiste solaire suisse.

Publié le 21 octobre 2026

Sources

État des informations : octobre 2026. Règles légales, tarifs et taux de subvention peuvent changer – les indications des services compétents font foi.

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